Les olives amères de Palestine

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18 décembre 2019

 

Chaque année, aux mois d’octobre et de novembre, a lieu la récolte des olives en Palestine. À l’occasion de la cueillette, la violence de certains colons israéliens à l’égard des paysan·nes redouble d’intensité. Pour protéger un tant soit peu les familles de ces agressions, des bénévoles de la Terre entière viennent les assister. Cette saison, des actes de violence ont été commis à l’encontre des bénévoles mêmes. Voici quelques éléments pour tenter de comprendre une situation très problématique.

par Johanna Schreiner

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L’olive en Palestine

La cueillette des olives est traditionnellement un moment de réjouissance en Palestine. On récolte en famille et on aide ses voisins. Les oliveraies sont transmises de génération en génération et les arbres sont souvent plusieurs fois centenaires. L’huile produite couvre les besoins annuels des familles et l’excédent est vendu à une coopérative ou un grossiste. Les trois quarts de cette production sont absorbés par le marché domestique.

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Pause-repas à l’ombre de l’olivier avec une famille de Silwan, un quartier périphérique de Jérusalem.

Dans les territoires palestiniens occupés, 47% des terres agricoles (soit environ 86 000 hectares) sont consacrés à l’oléiculture, ce qui représente environ 10 millions d’oliviers procurant un revenu à près de 100 000 familles.

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En Palestine, le secteur oléicole occupe 15% des femmes actives professionnellement.
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Nadia prépare les sacs pour le transport à l’huilerie. Les olives seront lavées avant d’être pressées.

Ce secteur produit une valeur annuelle estimée entre 160 et 191 millions de dollars. En raison du morcellement des parcelles, la culture reste souvent artisanale et biologique – ce qui pourrait s’avérer un atout si la filière généralisait un jour les standards de qualité exigés pour l’exportation [1].

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Sur les terrains accidentés des vieilles oliveraies, c’est l’âne qui transporte la récolte.

Selon l’International Olive Council, en 2016/17, la Palestine a exporté 6 500 tonnes d’huile d’olive sur les 20 000 tonnes produites, essentiellement vers les pays du Golfe.

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Récolte près de Naplouse. Photo : Gil Hammerschlag.

L’agriculture palestinienne dans son ensemble est fortement impactée par l’occupation israélienne. En 2016, elle ne participait qu’à hauteur de 3,2% au PIB, les produits agricoles et agroalimentaires représentant seulement 28,1% (260,2 millions de dollars) des exportations. La restriction de l’accès aux terres et à l’eau et l’interdiction de construire des infrastructures hypothèquent le développement de l’agriculture et créent, de plus, une dépendance aux importations de produits agroalimentaires israéliens. Évidemment, l’aide internationale peine à pallier ce type d’effets.

Une cueillette qui dérape

Dans la logique d’entrave au développement de l’oléiculture palestinienne, les agressions et le vandalisme des colons jouent un rôle majeur. En 2018, l’ONU a recensé 186 incidents déclarés : agressions physiques, menaces armées, incendies ou arrachages des arbres et vols des récoltes.

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Dernières consignes de sécurité avant de rejoindre les champs.

Chaque saison, des bénévoles, laïcs, religieux, pacifistes, israéliens ou internationaux prêtent main forte aux paysan·nes, leur assurant, du simple fait de leur présence, une relative sécurité [2]. Ces bénévoles s’interposent, le cas échéant, entre les paysan·nes et les colons, mais ils pourront surtout témoigner de leur expérience de terrain à leur retour. Lors des contacts, les hébréophones cherchent par ailleurs à établir le dialogue avec les forces de l’ordre, souvent de jeunes recrues ignorantes de la réalité de la situation.

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Bénévoles.

Ce 16 octobre, dans la région de Burin, au sud de Naplouse, un groupe d’internationaux de l’association humanitaire israélienne Rabbis for Human Rights (RHR) a été attaquée. Armés de barres de fer et de pierres, une trentaine d’hommes masqués ont dévalé la colline et se sont jetés sur la dizaine de bénévoles. Cinq personnes ont été blessées, dont le rabbin Moshe Yehudai, âgé de 80 ans, qui a dû être hospitalisé avec un bras cassé.

Rabbi peace activist beaten up by extremist Israeli settlers
Reportage de David McKenzie pour CNN

 

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Isaac, étudiant en théologie nord-américain, blessé lors de l’attaque (photo : RHR).

Les agresseurs ont ensuite mis le feu à l’oliveraie, détruisant une centaine d’arbres. En 2019, on recense déjà plus de 1 000 arbres saccagés.

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Champs d’oliviers incendiés par les attaquants de Yitzhar. Photo : Gil Hammerschlag.

Les vandales sont originaires de la colonie illégale de Yitzhar, réputée, avec la colonie illégale voisine de Bracha, être un haut lieu de l’agressivité coloniale.

Le dispositif administratif

Une carte permet de comprendre pourquoi il est si dangereux pour une famille palestinienne de récolter ses propres olives dans son propre champ.

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Région de Burin, à 10 km au sud de Naplouse. Sources : Peace Now, B’Tselem.

Les colonies de peuplement illégales et leurs avant-postes se trouvent dans la zone C (ici, en bleu), administrée exclusivement par les forces militaires israéliennes. Il s’agit d’une zone de non-droit pour la population locale qui ne jouit de tous ses droits que dans la zone A et de droits relatifs dans la zone B (ici, en brun). Tel un glacis, dont émerge ici et là l’archipel des municipalités, la zone C recouvre les terres ancestrales des familles, et donc leurs oliveraies et leurs champs. Ces terres leur appartiennent, mais les familles sont empêchées de s’en occuper correctement.

Cette situation juridique a été imposée à la Palestine par l’Accord intérimaire sur la Cisjordanie et la bande de Gaza (dit accord « Oslo II ») de 1995. Il fait partie des arrangements intérimaires qui auraient dû conduire à l’autonomie de la Palestine sur le territoire de la Cisjordanie au bout de cinq ans. Cette autonomie n’a jamais été réalisée.

Cet accord a décidé le découpage du territoire en trois zones :

  • zone A : 18% du territoire. Ces îlots correspondent au bâti des villes et des villages. Cette zone est administrée par l’Autorité palestinienne.
  • zone B : 22% du territoire. Il s’agit du périmètre étendu des municipalités. Cette zone relève de l’Autorité palestinienne pour ce qui concerne l’administration et d’Israël pour les questions de sécurité.
  • zone C : 60% du territoire. Seule zone non morcelée, elle recouvre toute la Palestine en dehors des zones agrégées des zones A et B. Elle se trouve sous le contrôle militaire exclusif de l’armée israélienne, qui décide arbitrairement d’en déclarer des parties « réserves naturelles » ou « zones militaires » interdites d’accès. Ici, Israël installe la plupart de ses colonies illégales. 90% de la fertile vallée du Jourdain se trouve en zone C [3].
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Zones A et B : ce qu’il reste aux Palestinien·nes pour vivre (hors Jérusalem-Est et Gaza). Source : Peace Now.

L’administration militaire israélienne (dite « autorité civile »), en charge de la zone C, y interdit la construction de tout type d’infrastructure (habitations, abris, réservoirs, systèmes d’irrigation, etc.) et elle en règlemente l’accès, ce qui rend son exploitation agricole extrêmement difficile. Pour récolter ses olives, il faut obtenir une autorisation du Bureau de Coordination. Ces autorisations ne sont pas toujours accordées ou elles sont délivrées pour des durées trop courtes, ne correspondant pas au temps réellement nécessaire à la cueillette : on rapporte des cas de deux jours de cueillette autorisés pour la saison.

De même, les oliveraies se trouvant à proximité du mur de séparation imposent aux propriétaires d’utiliser une « porte agricole ». En 2017, sur 76 portes, 54 ont été ouvertes temporairement pendant la récolte des olives. Tout au long de l’année, 10 portes sont ouvertes pendant un ou plusieurs jours de la semaine, 12 portes sont passibles tous les jours, 56 nécessitent un permis d’accès et 20 fonctionnent par coordination préalable. Dans le nord des territoires occupés, en 2017, seules 55 % des demandes ont été acceptées.

Bien sûr, les paysan·nes ne peuvent pas entretenir correctement leurs champs en dehors des périodes autorisées. Ainsi, des opérations prodiguées dans le courant de l’année permettraient d’atténuer les effets de alternance naturelle de l’olivier (une récolte abondante alterne avec une récolte maigre). Les restrictions d’accès aux champs ont donc pour conséquence une perte significative des rendements : leurs arbres produisent moitié moins que les arbres jordaniens voisins. Mais sans surveillance, ces champs sont aussi livrés aux pillage des colons.

Le rôle dévolu à l’armée

L’armée doit assurer l’ordre et la sécurité dans la zone C et partiellement dans la zone B [4]. La collaboration entre Tsahal et les colons est cependant ostensible.

La façon dont l’armée sert au maintien du dispositif est parfaitement illustrée par l’incident qui a eu lieu dans le même secteur de Burin avec un autre groupe des Rabbis for Human Rights deux jours après l’agression :

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À l’arrivée des bénévoles, une trentaine de militaires est présente sur le terrain de Mohammed, situé en contrebas de la colonie illégale de Yitzhar. Les militaires laissent les bénévoles commencer la cueillette.
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Les militaires filment et photographient les personnes présentes sous tous les angles. Un journaliste se voit réclamer ses papiers d’identité.
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Un responsable produit un document interdisant l’accès au champ sur lequel se trouve le groupe.
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Le champ est déclaré temporairement « zone militaire close ».
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Une membre des RHR tente un pourparler.
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Les bénévoles ne se laissent pas intimider.
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Les militaires pressent les bénévoles hors du champ avec cinq véhicules.
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Restant en retrait, mais ne se cachant pas, le chef de la milice privée de Yitzhar observe les opérations.

Une fois les bénévoles parti·es, la police des frontières s’en est prise au paysan, Mohammed, et l’a passé à tabac. Un voisin a organisé son transport à l’hôpital.

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Les bénévoles parti·es travailler dans un champ voisin auront la surprise de se voir interdire l’accès à leur propre bus à leur retour. Celui-ci est garé sur le parking de la source Amsha, où se baignent des colons… Intimidations insensées trahissant la dimension symbolique de la lutte qui se livre dans les territoires.

La part des colons

Si les colons extrémistes s’enhardissent ainsi à harceler et décourager les paysan·nes, c’est qu’ils savent n’encourir aucune poursuite.

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Après l’agression du 16 octobre, les bénévoles blessé·es veulent porter plainte au commissariat de la ville d’Ariel. Seule une responsable des RHR est autorisée à entrer.

Généralement fortifiées de barbelés et parfois flanquées de miradors, leurs colonies illégales s’installent souvent au sommet des collines, surplombant les villages palestiniens.

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Colonie illégale de Givon Hadasha, près Ramallah. Photo : Philippe Rekacewicz.

La récolte des olives se fait ainsi sous la menace permanente d’une attaque venue d’en haut.

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En contrebas de la colonie illégale de Bracha, lors de la cueillette dans le champ de Mundar, une personne est désignée pour guetter les signes avant-coureurs (bruits, mouvements) d’une éventuelle attaque et donner l’alerte.
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Signe inquiétant : un drone non identifié surveille les faits et gestes des bénévoles. Si la menace d’une attaque se dessine, le groupe interrompt sa cueillette. Mais il faut alors attendre de pouvoir emporter la récolte, ou risquer de se la faire voler par les colons. On compte aussi de nombreux vols d’olives dans la période précédant les jours autorisés de récolte. Ces vols se comptent en tonnes.



La menace psychologique et les violences des colons visent à décourager les Palestinien·nes et renforcent ainsi le dispositif administratif et militaire. Celui-ci table sur la loi foncière, héritée de l’époque ottomane, qui prévoit qu’un champ non entretenu - ou dont les arbres ne sont pas récoltés - pendant trois années consécutives est considéré comme abandonné, tombe dans le domaine public et se voit déclaré propriété d’État par Israël. Cette façon de faire table rase permet aux colonies israéliennes illégales de s’accaparer le territoire.

Ironie morbide, la population locale, faute de ressources, acceptera au besoin de travailler pour les personnes qui l’auront délogée. Il n’est pas rare, non plus, de voir des enfants employés en tant que main-d’œuvre bon marché dans l’agriculture coloniale.

En 2018, on comptait 427 800 colons en Cisjordanie (hors Jérusalem-Est), installés dans 132 colonies et 121 avant-postes illégaux, soit 14% de la population. Ces trois dernières années, Israël y a approuvé les constructions au rythme de près de 7 000 logements par an. Une loi israélienne de « régularisation » prétend légaliser leur présence, même dans les avant-postes « sauvages ». Les infrastructures coloniales sont largement subventionnées par l’État israélien.

Ces colonies de peuplement sont illégales au regard du droit international. L’État d’Israël, lui-même créé en 1947 par la résolution 181 de l’ONU sur le plan de partage de la Palestine, ignore les innombrables résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU émises depuis l’invasion de 1967 (la dernière en date est de 2016) sur l’illégalité de cette colonisation qui fait d’Israël une puissance occupante. Cette occupation est bel et bien la source du climat de violence qui règne dans les territoires et de son escalade et le premier obstacle à la paix dans cette région.

Pour les colons, l’installation sur le territoire occupé de la Palestine ne revêt pas forcément un caractère idéologique, mais peut être motivée par de simples raisons économiques : le coût du logement en Israël a explosé...

Pourquoi s’engager contre l’occupation quand on est Israélien·ne ?

Pour Gil, un jeune activiste israélien qui est né et qui a grandi dans une colonie, bien s’informer et se forger soi-même sa propre opinion politique est crucial dans un pays où la propagande nationale est omniprésente, instillée dès l’école, lors des célébrations officielles ou à l’occasion du service militaire.

« Je suppose qu’il en est de même dans les autres pays, mais au Proche-Orient et en Israël, en raison de la situation, l’endoctrinement est très fort. Beaucoup d’Israélien·nes et de Palestinien·nes prennent pour argent comptant ce qu’on leur raconte. Le seul moyen de vraiment comprendre la situation est de s’informer soi-même et d’aller à la rencontre les Palestinien·nes, de nous intéresser à leurs luttes.

Moi, je fais partie de la jeune société israélienne versée dans la technique et les sciences. En tant que personne rationnelle, j’aborde les questions politiques de façon pragmatique, par une démarche empirique. En tant que laïc, je porte sur les questions raciales, nationales et religieuses, toutes trois fortement imbriquées dans l’imaginaire israélien, un regard rationnel et moins émotionnel. Bien sûr, c’est aussi en tant qu’être humain que je m’engage, ce qui va au-delà des questions morales du bien et du mal. J’ai lu comment, il y a plusieurs mois, à Kufr Kadum, des militaires ont tiré dans la tête d’Abd a-Rachman, un enfant de 9 ans. Non seulement je sais que cela est « mal », mais je suis aussi triste, frustré, horrifié de ce que nous faisons... je suis en colère... Ce qui dicte ma démarche, c’est la volonté de faire tomber les murs de la ségrégation, de la peur et du ressentiment, autant que de venir en aide aux personnes privées de leurs droits.

Je me demande, bien sûr, pourquoi tant de jeunes laïques et « rationnels » comme moi ne se sentent pas concernés par la question israélo-palestinienne et ne s’engagent pas dans une résistance douce et non-violente contre l’occupation et les injustices. C’est que beaucoup (ou : un nombre juste suffisant pour maintenir le statu quo) profitent tout simplement de la situation instaurée par 52 années d’occupation et n’ont même pas conscience qu’elles contribuent au maintien de cette occupation. Les enfants des classes les plus instruites et des classes socio-économiques supérieures s’enrôlent dans les unités de renseignement de haute technologie de l’armée. Peu après leur service militaire, ils peuvent trouver des emplois bien rémunérés dans des entreprises de la high tech, ou même démarrer leur propre entreprise (de fait, une grande partie des start-ups israéliennes sont développées par d’anciens soldats de ces unités). Alors, pourquoi remettre en question une situation si confortable ? Après, il y a celles et ceux d’entre nous qui se consacrent corps et âme à leurs études ou à leur carrière, qui s’y épanouissent, qui y trouvent un sens à leur vie et sont tellement accaparé·es par leur projet que ce qui se passe tout autour est invisible à leurs yeux… Je n’en fait pas partie, moi, je me sens libre de m’occuper d’autre chose que de mes études ou de mon avancement professionnel.

Je ne trouve pas que notre minuscule contribution pour tenter de corriger les injustices soit un tel sacrifice de notre part. Lors de la récolte, nous ne risquons pas notre vie ou notre sécurité. Le cas des bénévoles comme Leslie, Moshe ou Isaac, blessé·es près de Burin, est inhabituel et nouveau. Dans la plupart des cas, l’armée intervient avant même que les colons ne puissent faire quoi que ce soit. Nous sommes donc protégé·es et l’armée israélienne ne nous fera jamais de mal. Ce n’est pas vrai pour les Palestinien·nes. Leur seule option est de subir les violences des colons, l’arbitraire de l’armée ou, en bout de compte, de quitter leur pays... Combien sont les jeunes de Palestine (voire d’Israël) qui, quand ils le peuvent, partent pour l’Europe ?

Notre contribution à la récolte est plutôt symbolique. Elle nous donne l’opportunité de travailler ensemble, Israélien·nes et Palestinien·nes, côte à côte, à égalité. Et, ne l’oublions pas, nous sommes là en tant qu’invité·es des Palestinien·nes. »

↬ Gil Hammerschlag

Conclusion

Le drame attaché à la cueillette des olives n’est que l’un des aspects de l’occupation israélienne de la Palestine. La confiscation de l’eau, par exemple, affecte de multiples façons autant l’activité pastorale que l’agriculture. L’insécurité alimentaire touche aujourd’hui un tiers de la population...

Par les violences à l’encontre de la population civile, ainsi que par le transfert et l’installation de ses colons, la force d’occupation viole l’article 147 de la Convention (IV) de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre du 12 août 1949, ratifiée par Israël. Cet article qualifie d’« infractions graves » celles

qui comportent l’un ou l’autre des actes suivants, s’ils sont commis contre des personnes ou des biens protégés par la Convention : l’homicide intentionnel, la torture ou les traitements inhumains, y compris les expériences biologiques, le fait de causer intentionnellement de grandes souffrances ou de porter des atteintes graves à l’intégrité physique ou à la santé, la déportation ou le transfert illégaux, la détention illégale, le fait de contraindre une personne protégée à servir dans les forces armées de la Puissance ennemie, ou celui de la priver de son droit d’être jugée régulièrement et impartialement selon les prescriptions de la présente Convention, la prise d’otages, la destruction et l’appropriation de biens non justifiées par des nécessités militaires et exécutées sur une grande échelle de façon illicite et arbitraire.

Pour qui croit en la communauté humaine et la paix, il s’agit d’œuvrer pour le respect du droit international mis à mal par cette occupation. Pour constater la réalité de celle-ci, le plus simple est de venir sur place. Selon Dominique Vidal, « les gens ne sont plus pareils quand ils rentrent... » [5].

On comprendra que récoltées dans ces conditions, les olives de Palestine ont décidément un arrière-goût bien amer...

↬ Johanna Schreiner

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